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03.06.2008
Gérer l'innovation, dans les groupes, chez les Intégrateurs
Aider les sociétés du monde Hi Tech à construire leur stratégie, définir les plans qui permettent de l’exécuter ou d’en améliorer les résultats et la lisibilité, au besoin contribuer à leur mise en oeuvre. Dans ce numéro, j’aimerais parler à nouveau d’Innovation, un thème qui m’est cher tant il devrait à mon avis être au cœur de l’activité des acteurs du domaine Informatique et Telecom (entre autres). J’aborderai également certaines leçons de l’activité de sociétés auxquelles, d’une manière ou d’une autre, j’apporte mon concours. Innovation: La question de l’innovation est au coeur des préoccupations de bien des sociétés. Lorsqu’il s’agit des éditeurs et constructeurs, c’est clairement le nerf de la croissance et de la position compétitive. Mais lorsqu’il s’agit des grands groupes ? et de la sphère Publique ? Depuis quelques années, on assiste à de multiples initiatives : - dans les groupes, l’apparition de directions spécialisées, ou en tout cas d’équipes destinées à favoriser le développement d’innovations utiles au domaine d’activité. - De la part de la puissance publique, à des montages de type Incubateur/Financeur (par exemple Scientipôle en Ile de France), éventuellement relayés par des mécanismes de financement Européens – qui peuvent précéder l’intervention des Fonds d’Investissement. Sans oublier bien entendu les Pôles de compétitivité. Sans doute serait-il nécessaire d’aller encore plus loin pour favoriser davantage les PME porteuses de projet, notamment sur le plan fiscal (récompenser la prise de risque). Ces initiatives prennent généralement en compte la nécessité de « laisser du champ » aux innovateurs, tout en cherchant à se doter de mécanismes de régulation et de filtrage (expertise des dossiers, systèmes de suivi – j’y participe à l’occasion). C’est un équilibre délicat à mettre en place. Dans mon expérience, j’observe deux écueils : - Là où les groupes constituent des directions ad hoc, le risque apparaît parfois d’une activité foisonnante, mais essentiellement technologique, sans guère de ressort de rappel du côté du marché et des capacités des groupes en question à les porter réellement. De ce point de vue, les mécanismes cités par les membres de l’Electronic Business Group (http://www.ebg.net), qui cherchent à concilier une certaine liberté d’initiative, l’appui sur un écosystème externe, et en même temps une grande rapidité de réaction pour trier entre les projets, sont tout à fait intéressants. - Mais il existe aussi, selon la tradition bien ancrée du “not invented here, not relevant”, une tendance à ne prendre en compte que ce qui procède de l’ « interne » - ce qui n’a pas beaucoup de sens dans un monde en réseau. Ce risque s’accroît à proportion de la taille des services internes qui se consacrent à l’innovation, on a vu des cas où de tels services passent beaucoup de temps sur des gadgets technologiques sans trop de lien avec une finalité pratique plausible. Il serait tout à fait inapproprié de prétendre proposer une recette simple à un problème qui ne l’est pas ! J’indique seulement quelques points de repère : - la gestion de l’innovation ne peut se faire en vase clos, elle doit multiplier les ouvertures, tant vers l’interne (boîte à idées, voire essaimage) que vers des partenaires externes (écosystème, universités et Labos…), également rechercher la transversalité et la mise en commun d’angles de vue divers. - En contre-partie, il y a place pour une fonction de management de l’Innovation : s’il faut laisser de la place aux initiatives, il faut aussi faire jouer une fonction de confrontation rapide aux usages, aux Métiers exercés, et sélectionner rapidement ce qu’on poursuit et ce qu’on arrête. En quoi cela concerne-t-il les Intégrateurs du domaine : c’est tout simplement une question de vie ou de mort ! Intermédiaires entre le marché et les clients finaux, si ceux-ci n’apportent pas à temps les solutions innovantes nécessaires, ils laissent celles-ci être soit définies par les clients eux-mêmes (en ce cas, à quoi servent-ils ?), soit purement poussées par les éditeurs : en ce cas, pas étonnant que le partage de la valeur avantage fortement ceux qui ont investi et innové ! On entend déjà le contre-argument : un Intégrateur qui apporte trop tôt une solution innovante prépare le marché … pour tous les prestataires et donc pour ses propres concurrents. C’est un risque, qu’il faut effectivement savoir maîtriser. Mais à trop attendre, sous ce prétexte, on aboutit non seulement à louper les bons trains, mais de plus à scléroser le mode de pensée, la formation, la culture d’entreprise. Ayant fait en sorte, avec mon Comité de Direction, qu’un Intégrateur qu’à l’époque je dirigeais prenne le virage de la Téléphonie sur IP dès 2001, soit un peu en avance de phase sur le marché, j’ai pu constater que les débours initiaux ont été très largement payés de retour par l’acquisition d’une position de force sur un marché qui s’est révélé majeur. Pour terminer sur ce point, citons quelques thèmes d’innovation à considérer avec attention, de mon point de vue : - en Sécurité (et Gouvernance) : la gestion des identités et droits d’accès aux différentes parties (applications, données, documents) composant le SI. Ce qu’on appelle désormais l’IAM (Identity and Access Management) - la dématérialisation des documents et la gestion associée. Là il s’agit d’un sujet déjà actif depuis un certain temps. Mais il faut reconnaître qu’il pose des problèmes multiples, tant en termes de gestion (entre les documents électroniques et leur mouture sur papier, officielle ou conservée « officieusement », quelle est la version probante ?), de productivité (comment gagner effectivement en temps d’accès ?), de sécurité (qui accède à quoi, qui peut modifier quoi ?), de sauvegarde (gestion du cycle de vie des documents), et bien sûr de réseau car ce qu’on supprime comme papier (pour le plus grand bien de la planète !) se traduit par des besoins de débit et de communication… Morceau par morceau, des solutions techniques commencent à se faire jour. C’est probablement un axe d’activité d’avenir pour les Intégrateurs. - En Telecom, le foisonnement des possibilités d’organisation allant du maintien de l’organisation traditionnelle (le client gère ses Telecom, tout en les adaptant à l’IP) au passage à l’IP Centrex qui permet au client de se concentrer sur ses enjeux Métier. Pour prendre une image, doit-on conserver la gestion de la paye, ou la sous-traiter ? – certes, il y a une différence, dans certaines entreprises le fonctionnement des Telecom est tellement vital que l’on imagine mal les DSI s’en dessaisir, encore que les confier à un opérateur classique n’est-ce pas déjà une forme d’externalisation ? On peut se reporter sur ce point à mon Blog en date du 5 février 2008. - Le dernier sujet cité croise des innovations techniques (les Telecoms sur IP) et des novations Métier (l’exploitation des Telecom est externalisée). Je pense qu’une telle thématique pourrait apparaître aussi dans la gestion du travail coopératif et la visioconférence. Là où, jusqu’à présent, prévalait un modèle où les utilisateurs finaux achètent des équipements et déclenchent la visioconférence, des intégrateurs configurant les stations et les maintenant, on peut imaginer l’ensemble de la chaîne être bientôt proposée comme un service : l’intégrateur/prestataire gère pour le client final des ressources de communication fondées sur la vidéo, et les met à disposition à la demande. Nous en reparlerons. Dernière nouvelle : Netasq en forme - leader en France en sécurité d’accès au SI (équipements de classe UTM, Unified Threat Management), Netasq, http://www.netasq.com , a annoncé un net accroissement de ses ventes sur le début 2008. - Cette croissance se manifeste en France, où ses accords avec Orange et d’autres prestataires de sécurité assurent à Netasq une forte emprise sur la partie la plus active du marchée, mais aussi, de plus en plus, sur d’autres pays de la zone Europe et Moyen-Orient. - Netasq a également annoncé la sortie de sa nouvelle gamme d’équipements UTM, la série U , qui multiplie par 5 le débit IPS et par 2 le nombre de connexions simultanées disponibles pour les entreprises. Exploitant les différenciateurs fondamentaux du moteur ASQ, la série U permet de combiner une sécurité rigoureuse et le maintien de performances d’exploitation en ligne avec l’accroissement des débits disponibles. Dernière nouvelle : Comiris a ouvert sa filiale à Dubaï - Comiris (http://www.comiris.com) fournisseur de solutions de visioconférence, de téléprésence et de travail coopératif, a ouvert sa filiale aux Emirats Arabes Unis, située à Dubaï. - Jumeirah Emirates Towers, client de Comiris, devient ainsi le premier ensemble hôtelier du Moyen Orient en mesure de proposer à ses clients des facilités de visioconférence avec le monde entier.
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